Encore une de ces journées que je n'oublirai sans doute jamais.
Tout commence mal:
- le lait n'est plus bon, donc pas de petit déjeuner
- les nouvelles choc de hier soir me pèsent encore sur l'estomac
- le chat m'a encore réveillé avant que mon réveil se déclenche
- ma vessie n'en fait qu'à sa tête, ce qui m'a fait interrompre mon sommeil deux fois
- le script sur lequel je travaille depuis bien un mois m'est totalement ressorti de la tête
Et si je n'allais pas en cours? Pour une fois??
Mais non, je vous rassure, j'y suis allée, VINI-VIDI-VINCI. Comme on dit.
Durant le premier cours du jour je me suis découverte un talent de présentateur de journal télévisé. Malgré ces mots si saugrenus du New York Times, c'est un succès! Pour fêter ça un grand repas s'impose, direction Subway pour le lunch, avec un sandwich aux dimensions américaines, un paquet de chips et un fanta. Burp.
Ma partenaire de scène à nouveau absente aujourd'hui, je n'ai pas eu l'occasion de tourner pendant le cours d'Acting for Television. Je suis donc Floor Manager (c'est celui qui crie "Action") et c'était bien drôle.
A la pause de l'après-midi je découvre avec choc que notre prof de Voice and Movement ne sera pas là, mais remplacée par la personne que j'aime probablement le moins dans cette école - la directrice qui ne pense qu'aux sous et n'en a rien à cirer du talent ou du progrès des étudiants... grbl.
A nouveau la pensée de sécher les cours. Là elle me choppe et me dit avec un grand sourire que nous allons chanter. Ah ouai. Génial. Je n'ai pas le choix, je vais en cours. Je boude d'abord n'ayant pas le moindre doute que j'allais avoir LA révélation au courant des heures à suivre.
Sans échauffement, tout le monde, un après l'autre chante en face de la classe, plus ou moins juste, puis en toute dernière, bien cachée, moi. Un peu cinglée par moment, je choisis Céline Dion et "S'il suffisait d'aimer". C'est correct, c'est juste - les 15 années de piano ont fait du bien. Puis on s'échauffe, on fait des exercices avant de s'y remettre. Des petits jeux, chanter la chanson comme une enfant de 5 ans, comme un chanteur d'Opéra, en version Rock... Plus j'avance, mieux ça sonne, il s'avère même que j'ai du coffre! Wow. Puis on y rajoute une émotion - la colère et c'est là, ma Révélation. Des gens d'autres salles de classes entrent dans la notre, pour voir d'où vient ce son. Mes camarades de classe font un pas en arrière tellement ma voix semble les écraser contre le mur. J'ai peur mais la prof m'encourage pour continuer.
Pour nous pousser encore plus loin, elle décide d'aller là où ça peut faire mal. L'Amour. Chanter cette chanson à quelqu'un qu'on aime vraiment. Un après l'autre nous fait trembler, puis c'est mon tour. Couplet après couplet puis arrivée au refrain, avec une force dans la voix que je ne pensais pas avoir, les larmes commencent à couler sur mon visage et en fin de chanson je craque et collapse au sol. Quelque chose avait été libéré. Quelque part j'ai enfin pû dire ces choses qu'Audrey n'arrive pas à dire.
Dans ma classe, à part la prof, personne ne parle français, donc personne ne comprennait les paroles, mais ils avaient compri d'où ça venait et à quel point c'était fort. Je ne sais pas à qui je l'ai chanté, je ne sais pas en l'honneur de quoi, mais j'ai compris que même si j'essaye de me contrôler si souvent, d'enfouir mes émotions au fond de moi, elles sont encore là, encore vivantes et peut-être plus fortes que jamais.